Les Flammes de la Guerre

C'est une époque sombre et sanglante, une époque de démons et de sorcellerie, une époque de batailles et de mort. C'est la Fin des Temps.
 
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 Les rivages du Reik

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Albericus
Vas Ektomy
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MessageSujet: Re: Les rivages du Reik   Dim 31 Jan - 19:51

Ilithas exultait. Il avait bien cru ne jamais revoir l'air libre, enfoui à jamais au fin fond de ses tunnels boueux, une fin qui lui rappelait de bien sombres souvenirs. Savourant l'air frais de la liberté, il se laissa glisser au sol , le visage tourné vers les étoiles. A ses cotés, Backe et Arduilanar reprenaient leur souffle. Ou sombraient lentement dans l'inconscience dans le cas de l'humain. Malgré l'énormité de sa bourde, Ilithas ne pouvait que lui être reconnaissant. Après tout, ne les avaient il pas menés vers la surface ? Sur un coup de chance certes monumental, mais tout de même.
C'est donc ainsi, en silence, que l'improbable groupe reprit ses esprits. Savourant pour un temps la quiétude des lieux.
Mais bien vite, une ombre vint ternir ce tableau pour le vampire. La soif revenait, oppressante, plus féroce que jamais. Depuis combien de temps n'avait-il pas bu une seule goutte ? Combien de temps avaient-ils passés, enfermés dans ces tunnels corrompus ? La brûlure de sa gorge se répandait tel un brasier, comme si l'astre solaire lui même avait élu domicile au coeur des flammes. Allongé à quelques pas de lui, Backe respirait avec difficulté, ses inspirations sifflantes résonnant aux oreilles d'Ilithas avec la même intonation fascinante que celle des battements affolés de son coeur. Une lueur nouvelle allumée au fond de ses prunelles, le vampire se passa la langue sur des lèvres soudainement arides. Sans qu'il en ait véritablement conscience, il tendit un bras vers la forme allongée. Juste une petite gorgée, songeait-il, cela ne le tueras pas...
Un peu plus loin, les paupières closes, Arduilanar ne le voyait pas. Ce serait rapide...Au cou de Backe, un veine saillante ne semblait palpiter que pour le tenter. Alors que ses lèvres se rétractaient, faisant luire au clair de lune ses crocs effilés, un rugissement intérieur le ramena soudain à lui. Dans un sursaut d'effroi, il ramena sa main tendue contre lui. La bête ne s'était trahie qu'au dernier moment. Tout ce temps passer à tenter de la contrôler, presque annihilé en l'espace de quelques instants. Il frissonna rien que d'y penser, alors que l'incendie ravageait toujours son corps. Incapable d'en supporter d'avantage, il se releva soudain, déterminé à se mettre en chasse avant de commettre quelque chose qu'il ne se pardonnerait pas. Encore.

Alors qu'il se relevait, balayant les alentours de son regard carmin, il s'aperçut qu'ils n'étaient pas seul. Se découpant sur la lumière pâle de Mannslieb, une silhouette aussi immobile que silencieuse les fixait. Drapée dans un long manteau dissimulant entièrement son corps, l'inconnu s'anima soudain. Il s'avança vers eux d'une démarche mécanique. Implacable. Il ne s'agissait surement que d'un paysan, ou un citadin ayant abusé de la bouteille et venu cuver son vin sur les bords du Reik. Pourtant, Ilithas sentait que quelque chose clochait chez cet homme, sans pour autant parvenir à mettre le doigt dessus. Pour la seconde foi en peu de temps, un frisson remonta le long de sa colonne vertébrale.
"Arduilanar..." souffla t-il alors que l'inconnu se rapprochait toujours de son étrange démarche. Battant des paupières, le seigneur de Caledor se redressa lui aussi, une main posée sur le pommeau de son arme.
"Quoi encore ?" grommela t-il en surveillant d'un oeil mauvais l'approche du badaud.

L'inconnu, avançant la tête baissée, dégageait un profond sentiment de malaise. Arrivé à quelques pas des deux elfes, il releva la tête, ne révélant que ténèbres de son visage caché par un capuchon. Sa poitrine sembla enfler sous ses robes et un étrange son jaillit de sa gorge. Si étrange qu'il fallut quelques instants aux deux elfes pour comprendre que l'homme leur parlait, d'une voix plus éraillée qu'il n'est censé l'être possible. La langue qu'utilisait l'autre leur était totalement incompréhensible, c'était comme tenter de déchiffrer une langue étrangère gargouillée par un mourant. Devant leur absence de réaction, l'autre sembla soudain en proie à une rage folle, faisant de grands gestes tout en continuant à déblatérer sa prose.

"I'gash Ah'n Etso Kehps ! Ah'n lybaria kesh'o Nagash !"

Devant ses paroles, les deux elfes reculèrent d'un pas, resserrant leur prise sur leurs épées. Semblant se calmer, l'autre considéra les deux elfes l'espace d'un instant avant de braquer son regard sur le vampire. Alors celui-ci comprit ce qui clochait. Le coeur de l'homme ne battait pas.
Il voulut tirer sa lame et avertir Arduilanar, mais une vague de pouvoir déferla soudain dans son esprit alors que la créature levait un bras vers lui et qu'une voix aux accents de pouvoir retentissait dans son esprit. Et bien que la langue demeura celle qu'avait employée l'homme, il la comprenait désormais, comme si l'on en marquait le sens au fer rouge dans son cerveau.

Je te vois, fils immortel de Nagash. Les tiens furent créés par notre Seigneur à tous, viens avec moi, et suit la volonté de ton créateur, car je suis Sa voix.

Ilithas voulut hurler mais son corps ne lui répondait plus. En lui, la bête gronda et se rebella face à cette intrusion. Luttant de toute ses forces, il voulut se libérer de l'emprise du Lybarien, qu'il reconnaissait comme tel désormais.
Luttant de toute ses forces, il parvint à faire franchir un murmure à ses lèvres crispés par la douleur.

"Arduilanar...Tuez-le !"

A ces mots, l'Asur qui n'avait encore rien remarqué de l'affrontement titanesque que se livraient les deux êtres en silence, tourna la tête pour voir Ilithas se plier en deux sous la douleur. Saisissant en un instant le danger que représentait la créature, l'elfe dégaina sa lame pour porter un coup fulgurant à l'autre, l'épée décrivant un large arc de cercle droit vers le cou de sa future victime. A sa grande surprise, un cimeterre d'une facture antique vint intercepter la lame alors que l'impact se répercutait dans tout son bras. Reculant d'un pas, le Lybarien fit tomber au sol la toge d'un simple mouvement d'épaules, révélant le cadavre momifié d'un ancien serviteur du clergé des Rois de l'antique Kehmri. Repoussant la lame d'Arduilanar, le prêtre entama une invocation aux accents empreints d'une lourde menace. Un peu partout le long du fleuve, la terre sembla frémir d'elle même alors que des os jaunis s'en extrayaient.
Lorsque le crâne du premier squelette émergea des rives du Reik, Arduilanar se lança dans un assaut rageur, son épée enflammée laissant des sillages bleus sur son passage pour aller frapper le prêtre-liche qui parait les assauts tant bien que mal, les coups de l'arme magique laissant leurs marques sur sa propre lame.

Ilithas n'en pouvait plus. Il avait lutté de toutes ses forces, mais même sa volonté d'acier ne pouvait tenir plus longtemps face aux antiques pouvoirs que Nagash avait laissé derrière lui. Et comme un barrage ayant épuisé ses dernières réserves de résistance, les digues de son esprit cédèrent, laissant la volonté d'Abdallah Xetep s'emparer de son âme sans défense.
Débarrasse moi d'eux. Ordonna la voix. Vaincu, le vampire cessa de se convulser au sol pour se relever et avancer droit sur Arduilanar, lui tournant le dos et encore occupé à se défendre contre les squelettes qui jaillissaient du sol. Arrivant dans son dos en quelques pas gracieux, le vampire tendit une main gantée d'acier se refermer autours du cou de l'elfe, le soulevant du sol comme un enfant. Dans les yeux de l'elfe, une lueur d'incompréhension dansa un instant.
"Ilithas...parvint -il à cracher, pourquoi ?"
pour toute réponse le vampire murmura un faible "Désolé". Resserrant sa prise, il bloqua la respiration de l'elfe le temps nécessaire à le faire sombrer dans l'inconscience pour voir la lueur de trahison insupportable à son âme d'éteindre. Jetant l'elfe sur son épaule, il se dirigea vers un Backe reprenant à peine ses esprits.
L'agrippant par le col de sa veste, le vampire le souleva à son tour. Le Mon'Keigh eut à peine le temps de protester d'un faible "Plait-il ?" Qu'il volait déjà vers les eaux sombres du Reik, rapidement suivit par la forme inconsciente d'Arduilanar. Deux bruits d'éclaboussure sourde lui apprirent qu'il avait fait mouche. Un sourire amer traversa son visage. Son nouveau maitre lui avait ordonné de se débarrasser d'eux, pas de les tuer au sens le plus strict du terme. Ce n'est que grâce à cela, et aux dernières bribes de sa volonté brisée, qu'il avait put leur épargner la mort par le fer. Il espérait seulement ne pas les avoir condamnés à une mort par noyade, mais c'était le mieux qu'il puisse faire. Sondant les flots agités du fleuve, il leur offrit une ultime prière alors que son maitre le rappelait à l'ordre.

Viens, tu es faible. J'ai besoin de toi en pleine forme.



Vaincu, le vampire se détourna du fleuve pour rejoindre l'escorte de squelettes lancinants.

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"TEA TIME !!!"

-Cri de guerre Druchii, visant à plonger les Haut-elfes dans la confusion alors que la moitié de leurs troupes s'en vont chercher des tasses.
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Taldrain
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MessageSujet: Les rivages du Reik   Dim 31 Jan - 23:39

Taldrain avait décidé de se lever tôt. Il voulait quitter cette ville au plus vite, l'atmosphère qui y régnait et cette étrange coutume de faire flamber les auberges le dérangeaient. Il reprit sa route en direction de différents camps nains où il pourrait accroitre sa formation d'ingénieur - et s'enfiler de la bière naine par hectolitres.

Il quitta Marienburg tel qu'il l'y était entré, sous le froid du matin et le vent salé et humide de l'Ouest. Les flâneurs se faisaient rare, quelques entrepreneurs au chapeau extravagant partaient en direction du port pour la pêche du matin. Des passants à l'allure louche marmonnaient dans leurs ruelles des phrases incompréhensibles, ou bien parlaient du levé du soleil qui se fera au Nord-Ouest.
Taldrain était bien content de pouvoir partir, aimant particulièrement le matin il marchait à une allure convenable pour un nain. Le son de ses multiples objets rythmait sa marche.

Il arriva bientôt aux portes de la ville. Partout, la pauvreté se voyait et se sentait. Le ciel commençait à prendre des couleurs rosâtres dues au tout premiers rayon rasant du soleil. Passant la lourde porte en bois, Taldrain se retrouva encore pris de nostalgie envers les majestueuses forteresses de son peuple, en particulier le Pic Eternel, toutes ces années de gaité... Il ne rencontra pas de ralentissement dû à un contrôle racial des gardes, qui, comme le supposait Taldrain, devaient dormir en ce moment.
Le flux de carrioles et autres charrettes ne cessait jamais. Rapidement, à cause du doute de Taldrain quant à la capacité des humains à manier un tel convoi, il s'écarta du droit chemin et choisi de poursuivre sa route en longeant le fleuve.

Cela faisait plusieurs minutes qu'il marchait en haut des dunes herbées qui s'élevaient sur les rives du grand Reik. Le vent et le sol, pas tout le temps stable, l'épuisaient. Il descendit des dunes pour se rapprocher de l'eau en n'exagérant pas trop, sans avoir pris le soin de protéger ses outils et autres poudres du sable. Il s'assit sur le sable et laissa courir ses pensées sur les remous du fleuve avec mélancolie. Quelques instants plus tard il remarqua qu'une étrange forme au beau milieu du fleuve se rapprochait en barbotant. Il se leva mais n'avança pas, il ne voulait pas se retrouver entraîné dans une quelconque histoire. La forme était en fait composée de deux formes, l'une plus sombre que l'autre. Le fleuve les recracha et Taldrain put les regarder plus longuement. L'un semblait inerte et l'autre toussait violemment. C'était des humains, ou ça y ressemblait d'où se trouvait Taldrain.

L'un des deux se leva avec difficulté, il chercha autour de lui, sans remarquer le nain. Il fit quelques pas en chancelant, se baissa et tira du sable un chapeau à boucle qu'il vissa sur sa tête, libérant l'eau retenue à l'intérieur. Il réajusta son long manteau gorgé d'eau et s'approcha de l'autre humain. Il l'agrippa par les bras et le tira pour l'éloigner des vagues qui semblait vouloir le reprendre. Arrivé à la moitié de la distance aux dunes, qui semblaient être son objectif, l'humain s'arrêta. Il semblait tellement fatigué. Apercevant Taldrain il marcha avec lenteur vers celui-ci, qui approcha sa main de sa clé à écrou par simple précaution. C'est étrange, il lui semblait avoir avait déjà vu ce visage quelque part, mais où ?
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Fantasque
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MessageSujet: Re: Les rivages du Reik   Ven 5 Fév - 19:24

Des tas de choses s'étaient abattues sur lui en un temps trop court pour qu'il en assimile la moitié. Il se souvenait d'un décollage fulgurant puis d'une étendue d'eau sombre et peu amène qui défilait sous lui à toute vitesse entre deux clignements de paupières. Et puis il y avait eu un grand choc fracassant. A son immense surprise, il s'était retrouvé flottant dans un monde bleu et étouffé où toute chose avait un vague goût de sel. À quelques brassées devant lui, une forme d'un blanc éclatant, les bras et les jambes gracieusement écartés, était paresseusement tirée vers le fond avec une lenteur féerique. Fasciné par la poésie de la scène, il mit un instant à réagir. Une idée terrible lui était apparue dans la bulle que l'un de ses naseaux avait laissé éclore. Ce type là-bas allait mourir s'il restait là à s'en régaler la rétine.
Gêné par les amples pans de son manteau magnifique qui lui donnait l'air d'une grande raie noire, il se propulsa vers le noyé qui bullait sans aucun doute ses dernières réserves d'oxygène. Parvenu à la rencontre de l'ange, il fut bien désappointé de le reconnaître comme quelque chose de tout à fait différent. C'était l'autre, c'était l'elfe, celui dont on ne pouvait se souvenir du nom. Il agrippa fermement le col de son compagnon inconscient et battit des jambes pour regagner la surface. L'air commençait à lui manquer, son traître manteau le tirait en arrière et l'elfe était si lourd qu'il songea par au moins deux fois à le rendre à l'Océan. N'était-ce pas l'eau qui lui avait donné le jour ? Il était venu de l'Ouest, et qu'y avait-il à l'Ouest, sinon de l'eau à perte de vue ?

Mais une fois encore, son indécision lui avait joué un tour. L'air libre ! Il le salua d'une grande inspiration gloutonne. L'elfe était donc sauf. Il flottait doucement contre sa poitrine au gré des remous du fleuve et sa longue toison dorée s'étalait comme les tentacules d'un monstre marin poilu. Il fallait maintenant le tirer jusqu'à la rive, sans quoi il commettrait un meurtre, et pour rien au monde il ne voudrait avoir à se justifier de cela devant une cour de justice quelconque.
Mais s'il était innocent et à ce point pétri de bonnes intentions, alors pourquoi faisait-il si froid ? Quelque chose clochait, quelque chose ne tournait pas rond. Cette forme trapue et carrée qui les observait au loin du haut de sa dune n'arrangeait rien. Il aurait parié avoir sous les yeux une grosse pierre s'il ne l'avait vu bouger à l'instant. Cela était donc vivant ! Cela devait connaître le feu et avoir à manger, ou être comestible. Il fallait mettre la main dessus avant qu'elle ne s'échappe ! Il riva son chapeau sur son crâne et barbota à allure soutenue, traînant l'elfe à sa suite. La route était encore longue et les forces lui manquaient, mais se noyer ici ne lui disait strictement rien.

Secoué de vigoureux tremblements frigorifiés, le ventre cruellement noué par les longs doigts de la famine et fatigué à en mourir, il roula enfin sur le sable glacé. Il tira l'elfe pour le sauver de la caresse des vagues et resta un instant allongé sur le dos à souffler comme un taureau fourbu. Ce court moment de répit envolé, il se redressa sur ses coudes et regarda à l'Est. Une boule de feu s'élevait dans le ciel et embrasait l'horizon de ses rayons ardents. Qu'était-ce donc que cette sorcellerie ? Il faudrait qu'il demande à l'elfe son avis sur cette sordide affaire. Mais l'être carré allait lui filer entre les doigts ! Fort de cette conviction, il se leva aussi vivement que ses genoux grelottants le lui permettaient et ordonna à sa jambes de tituber plus ou moins droit devant lui. Après une pénible ascension, il se planta devant ce qu'il reconnaissait maintenant comme tel.

- Le soleil vous éclaire Haut-Roi Nain ! salua Backe d'un ton jovial et épuisé.
- Salut... répondit le nain en fronçant les sourcils poliment, le regard hostile, paré à mettre en miettes le bassin de l'autre débraillé d'un grand revers de sa clé au moindre geste équivoque. Il avait plus ou moins fière allure, mais il n'était pas convenable de juger les gens sur leur apparence. Et tout compte fait, après observation plus approfondie, ce type avait finalement l'air inoffensif. Il lui semblait bien que respirer le fatiguait et qu'il n'aurait aucun mal à lui éclater la cage thoracique. Le nain se détendit un peu.
- J't'ai déjà vu quelque part, toi, continua-t-il en touchant presque à la cordialité.
- Votre nez ressemble à un fruit, lâcha Backe d'une voix absente, les yeux rivés sur le gros nez viril et saillant du nain. Celui-ci éclata d'un grand rire brusque et tonitruant.
- C'est que j'ai vraiment très faim...
- Ah ouais ? Alors comme ça t'es un mangeur de nez, toi ?
- Plait-il ?
- Ouais, ouais... Dis, fit Taldrain, les sourcils froncés à nouveau. Ton pote elfe, là-bas. Il va crever.
- M... Mourir ? Mais pourquoi ?
- Et bien t'es sur tes deux jambes et tu sembles conscient, à l'inverse de ton copain, expliqua-t-il patiemment, un soupçon de sarcasme dans la voix.
- Ah ?
- Si tu veux mon avis il s'est mangé une belle cuite, et pas avec de l'alcool.

Puisque visiblement l'autre était trop stupide pour saisir son idée pourtant limpide, le nain prit les devants de l'affaire et s'avança vers l'elfe inconscient d'un pas désinvolte. Si l'autre avait de la poudre sur lui, elle devait être mouillée. Pour lui planter lâchement quoi que ce soit dans le dos, il faudrait qu'il s'élance à sa rencontre. Le nain était paré à cette éventualité. Mais comme son instinct le lui suggérait depuis deux bonnes minutes, il ne devait pas y avoir d'intentions du tout sous le crâne de l'autre. Rien de regrettable n'arriva et il s'assit dans le sable à côté de l'elfe en un seul morceau. Backe s'accroupit de l'autre côté du corps et jeta un regard infiniment perplexe au nain.

- A mon avis, il a du avaler beaucoup d'eau. Il faudra la faire sortir, déclara-t-il aussi résolu qu'à l'aube d'une longue et éprouvante entreprise.
- Mais comment faire ?
- Et bien, par la bouche, cela me semble le plus convenable.
- Comme ça ?

Backe, d'abord hésitant, empoigna l'elfe par les épaules et secoua le corps frêle comme il aurait secoué un jeune arbre fruitier : avec une vigueur étonnante. Le nain éclata de rire.

- Ouais, comme ça... Comme ça si lui briser les côtes ne te pose pas de problèmes. Non, regarde... Mets tes mains comme ça. Ouais, voilà. Et maintenant, appuie sur son torse.
- Fort ?
- Fort.

Après une honnête série de martèlement violents de la paume des deux mains sur le torse de l'elfe, Backe commença à paniquer devant l'irréfutable absence de résultats.

- Ça ne marche pas ! en tira-t-il les conclusions.
- Ah, ouais... Peut-être qu'il est juste inconscient. Ou mort. Je ne veux pas savoir pourquoi, c'est pas mes affaires, c'est les tiennes. Attends, j'ai une idée. Ça reste entre nous, je pense pas qu'il apprécie, fit le nain avec un clin d'oeil plein de malice.
- Attends deux secondes... dit-il en farfouillant dans une poche. Il en tira une petite flasque en métal ciselé qui répondit deux clapotis aguicheurs aux secousses infligées par la grosse main qui la tenait. Il en dévissa le flacon en se grattant de la langue le coin des lèvres et, avec mille précaution et une précision admirable, versa un mince filet brun à l'odeur alléchante dans la bouche entrouverte. Les lèvres de l'elfe frémirent, remuèrent. Et puis il fut secoué d'une violente quinte de toux. Backe applaudit, un large sourire en plein milieu du visage.

- Que... Qu'est-ce qu'il m'est arrivé ?

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Arduilanar
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MessageSujet: Re: Les rivages du Reik   Jeu 11 Fév - 20:33

"- Je... oh... je crois que je me sens mal..."

L'elfe entrouvrit les yeux avec peine. Il était trempé, il avait un drôle de goût dans la bouche, et il avait froid. Il grelotta de tout son être, ce qui ne lui apporta guère de réconfort. Puis, mobilisant ses forces, il tourna sa tête vers le visage familier qui se tenait à ses côtés.
"-Backe... Je... Que s'est-il passé ?"
Mais ce ne fut pas son compagnon qui répondit.
"-T'as bu la tasse. Fallait se douter qu'ça arriverait si tu prenais ton bain à cette heure-là, l'elfe", dit une voix aux accents rudes.
Arduilanar tenta de se redresser, pour voir qui avait parlé. Une silhouette de petite taille, trapue jusqu'à sembler carrée, apparemment barbue - à ce qu'il pouvait en distinguer dans la pâle lueur de l'aube. Son ton familier et son apparence ne laissaient guère de doute : il s'agissait d'un nain.
On lui avait appris jadis la haine que se vouaient leurs deux peuples, aussi tâcha-t'il de faire bonne figure à cet enseignement : il s'efforça d'afficher un froid mépris envers la petite créature barbue, mais il est difficile de sembler hautain quand on est allongé sur le sable et trempé, et de surcroît quand on vient de manquer de s'étouffer. A défaut de povoir le regarder de haut, il eut alors voulu lui lancer une remarque cinglante ; malheureusement, son cerveau encore embrumé par le contact des eaux du Reik ne lui fournit aucune formulation correcte. L'elfe dut donc se résigner à bredouiller un vague "Maître nain ?..." tout en claquant des dents.

" - Taldrain Grimnarson. Tu me dois une bière, dit le nain en affichant un large sourire sous sa barbe.
- Je me suis envolé et je suis tombé là-dedans, explique Backe en désignant l'eau de la main. Vous nagiez là-bas vous aussi, alors je vous ai tiré sur la rive et monsieur vous a réveillé."

Tout revint brusquement à l'esprit d'Arduilanar. La remontée à l'air libre, la forme menaçante au langage maléfique, le visage d'Ilithas quand il l'avait empoigné...
"Ilithas ! Où est-il ? Nous devons tout de suite le retrouver !"
L'elfe se hissa sur ses jambes aussi rapidement qu'il le put, s'avança vers Backe et le secoua en le tenant par les épaules :
"Vite, Backe ! Où est passé Ilithas ?
- Il paraît que vous pouvez me briser les côtes si vous continuez", répondit Backe. "Si j'étais plein d'eau, vous auriez bien mieux fait de me presser le torse."
Désespéré par les réponses sans queue ni tête de l'humain, Arduilanar pointa le nain du doigt.
"Et toi, le nain ? Tu n'as rien vu ?"

Taldrain se renfrogna.
"T'es pas très poli pour un elfe. Surtout pour un elfe qui me doit une bière.
- Vous m'exaspérez !" lui rétorqua l'elfe.

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Amarthan Locëcundion, Fils du Dragon
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